Notre douzième épisode

 

Pour le douzième épisode de La haine de la poésie, on reçoit le réviseur linguistique Bernard Wright-Laflamme et l’auteur Manuel Candré. Manuel a tendance à associer la poésie à un genre mature, auquel on devrait arriver en dernier, plutôt qu’aux écrits de l’enfance, aux premiers écrits. Bernard W. Laflamme aborde quant à lui son rapport au langage, qui a changé depuis plusieurs années, alors qu’il revendique maintenant une certaine liberté dans la langue. Pour lui, la poésie est un espace de liberté. La poésie, c’est se donner le droit de tordre le langage, de brasser des mots. En fin d’émission, Véronique Grenier, une autrice que Bernard W. Laflamme admire par son utilisation du langage populaire, lit un extrait de Carnet de parc.

Je n’ai jamais eu l’occasion d’échanger avec Manuel, et pour cause : je suis un imposteur. Pas poète, à peine auteur et récemment converti à la poésie. J’avais des choses à dire, mais peut-être pas plus que le gars que tu croises dans un party, appuyé sur le frigidaire de la cuisine et qui t’explique que pour lui, la poésie, c’est l’exploration des marges du langage. En ces temps de disette sociale, ma rencontre avec Manuel a été une grande bouffée d’air frais et j’espère que nous aurons l’occasion de nous recroiser un jour au coin d’un électroménager.
— Bernard Wright-Laflamme

Je n’avais pas eu l’occasion d’échanger jusque-là avec Bernard, et pour cause : je suis tout neuf ici, mais la complicité a été immédiate entre nous, et je dois dire que le temps de cette émission, nous avons formé tous les trois, Simon, Bernard et moi, un sacré trio de poètes apparus puis disparus puis revenus d’entre les morts. Je me souviens que nous scrutions ensemble l’horizon en dérivant sur la mer des mots, et que nous avons fini par apercevoir une île et ses rivages, ceux de la poésie.
— Manuel Candré

 

 

Nos invité·es

Bernard Wright-Laflamme

Bernard Wright-Laflamme, réviseur linguistique

Bernard Wright-Laflamme est né et a grandi à Lévis (Lauzon, soyons précis!). Il poursuit des études en littératures française et québécoise au Cégep Lévis-Lauzon puis à l’Université Laval. Il n’a jamais cessé de créer, mais il a choisi de ne pas chercher la lumière des projecteurs, que ce soit sur scène ou avec une publication. Il existe cependant une exception et celle-ci a le nom d’Alexandre Bourbaki. Derrière ce pseudonyme se cache la collaboration de trois amis : l’écrivain Nicolas Dickner, l’artiste bédéiste Sébastien Trahanet, et vous l’aurez deviné, Bernard Wright-Laflamme. Bourbaki publie deux titres aux éditions Alto dont le premier, Traité de balistique, fut finaliste au Grand Prix Littéraire Archambault. Rhizome en avait d’ailleurs tiré un spectacle qui fut présenté une unique fois dans la série Contexte de l’Institut canadien de Québec. Bernard Wright-Laflamme est réviseur linguistique. Il vit à Montréal.

 


Manuel Candré

Manuel Candré, auteur

Manuel Candré est né en 1966, à Paris. Son premier récit Autour de moi, paru chez Joelle Losfeld en septembre 2012, obtient le Prix Thyde Monnier de la Société des Gens de Lettres. Son deuxième roman Le portique du front de mer, paru en janvier 2014 chez le même éditeur, obtient le prix spécial du jury du Grand Prix littéraire du Web. Son troisième et dernier roman Des voix, publié chez Quidam Éditeur en février 2019, suit les affres d’un fantôme qui entend des voix dans le ghetto de Prague, rebaptisé Pragol. Il a également participé à l’ouvrage collectif Leurs contes de Perrault, paru chez Belfond en 2015, pour lequel il a réécrit Le Petit Poucet. Il vit désormais au Québec.
© photo : Pavel Navarro

 


Véronique Grenier

Véronique Grenier, autrice

Véronique Grenier enseigne la philosophie au collégial. Elle est l’autrice du récit Hiroshimoi et des recueils de poésie Chenous et Carnet de parc (lauréat du Grand Prix du livre de la Ville de Sherbrooke — 2020) aux Éditions de Ta Mère et de Colle-moi (finaliste du Prix des libraires 2021— jeunesse — 6-11 ans et du Prix Espiègle 2021) à La courte échelle. Collaboratrice de la section « Idées » du journal Le Devoir, elle a été lauréate du prix Jean-Claude Simard de la Société de philosophie du Québec (2017). Elle aime le café et déteste les demandes à l’Univers.
© photo : Marie-Ève Rompré