Atomes

Une coproduction Québec-Belgique

Premier d’une série de trois grands projets de coproductions internationale, Atomes fut produit en association avec deux partenaires de Belgique francophone, soit Maelström et Transcultures. Cela se passait en 2008.
 
Atomes met en jeu la poésie contemporaine performée dans un environnement numérique interactif. Il s’agit de quatre performances distinctes issues de la collaboration entre des artistes littéraires et médiatiques de la Belgique et du Québec.
La création se fit à Québec au studio de Rhizome et à Premier Acte.
La série est décomposable, modulable, adaptable.
Atomes fut présenté en grande première à Bruxelles en décembre 2008 dans le cadre du festival Les Transnumériques.

Artistes et concepteurs

Fade out
Poésie et images : Simon Dumas, Qc 
Environnement sonore : Érick d’Orion, Qc 
Contrebasse/éclairage : Mathieu Therrien, Qc
Une beauté baroque
Performance audio maximaliste d’Érick d’Orion d’après le roman Beauté baroque du poète automatiste québécois Claude Gauvreau. Avec la voix de Christian Lapointe.
Standon
Poésie : Pascal Leclercq, Be 
Vidéo interactive : Thomas Israël, Be
Environnement sonore : Simon Dumas, Qc et Mathieu Therrien, Qc
Solyvène targamé
Poésie : Bertrand Pérignon, Be
Vidéo interactive : Thomas Israël, Be
Environnement sonore : Mathieu Therrien, Qc et Érick d’Orion, Qc

_Fade out

La rémanence est une persistance partielle d’un phénomène (objet, image, désir) après sa disparition. Bien que ”fade out” soit un terme de cinéma, la performance utilise un croisement des langages vidéographique et photographique pour questionner l’image comme trace ou intermédiaire du réel. Le poème est initiateur. Le poème développe et organise les images mentales / captées / projetées / fabriquées en explorant au possible toutes les modalités de présence et de perception, d’opacité et de transparence, d’expression et de parasitage. Il est ici question de disparition, sujet traité entre poésie et commentaire, entre biographie et imaginaire.

Le texte à la base de cette création est le récit d’une disparition et des trahisons de la mémoire. Son origine est une photographie, aujourd’hui perdue, d’une femme nue se tenant devant la fenêtre. Elle ne regarde pas la caméra, elle est ailleurs. Les thèmes de la mémoire et de l’intertextualité sont les lignes directrices de la mise en scène. La rémanence est une persistance partielle d’un phénomène (objet, image, désir) après sa disparition. 

_Une beauté baroque

Le roman Beauté baroque est la chronique au jour le jour d’une passion, celle que l’écrivain et poète Claude Gauvreau, disparu en 1971, a éprouvé pour la comédienne Muriel Guilbeault, qui se suicida en 1952. Un jeune homme est habité tout entier par « la plus fière, la plus douce, la plus étrange des passions » pour une actrice rousse, « éternelle désirée », femme inaccessible et blessée à mort par la loi d’un autre homme. Le chant d’amour de Gauvreau – il a 27 ans quand il écrit ce premier roman – a des accents d’une naïveté bouleversante. La mort de la « déesse » ne délivrera pas le poète, dont la vie et l’œuvre seront marquées au sceau de cet amour fou qui a aujourd’hui rejoint la légende.

Évocation audio libre de ce roman clé de la littérature québécoise. Échantillonnages, granulation, manipulation audio en temps réel performée, auxquels Érick d’Orion ajoute une touche de death métal.

_Standon

Standon est le récit d’avant le récit, ou le récit d’après le récit. Le poète y plonge dans l’expérience fondamentale et fondatrice du passage de l’individuel à l’universel, du je au nous, à travers ce qu’il observe autour de lui, ce qu’il voit en lui, ce qu’il lit dans le ciel ou les entrailles des animaux. Prophétie, divination, simple constat, questionnement halluciné? Lui-même ne sait pas toujours de quoi il en ressort. Au bout du compte, ce que le spectateur verra et entendra ici, ce ne sont que les images déformées, projetées sur des tessons de miroir, de sa propre identité multiple et éclatée.

La création de Standon a été lancée par une retraite de deux jours dans un chalet sans eau ni électricité à Saint-Léon. Nous étions accompagnés de l’acteur Sylvio-Manuel Ariola et d’un bouvier bernois. Il s’agissait au départ de se doter des images nécessaires à la conception vidéo du spectacle, mais l’expérience s’avéra fondatrice de l’ensemble de la création. Sous la gouverne de Thomas Israël, nous nous sommes tous immergés dans l’imagerie à la fois post-apocalyptique et pré-historique du texte de Pascal Leclercq. Il en résultat une référence commune, le vivier d’une nouvelle œuvre qui nous permit, avec Standon, de dépasser l’« habillage » du texte, d’arriver à un véritable dialogue entre les disciplines. 
Un journal de cette expérience et de l’évolution de la création est disponible sur le blogue.

Vidéos

Lors de la création de Standon, Sylvio Ariola et Pascal Leclercq font une lecture du texte de ce dernier. 

 

Standon en travail de Productions Rhizome sur Vimeo.

Un montage d’un extrait de Standon.

Standon (montage) de Productions Rhizome sur Vimeo.

Un extrait de Solivène Targamé de et avec Bertrand Pérignon.

Solyvène Targamé (extrait) de Productions Rhizome sur Vimeo.

Galerie photos

Feuille de route

Festival littéraire Québec en toutes lettres, le 23 octobre 2010.

Festival Francophonie Métissée de Paris (France), le 6 octobre 2009.

Quinzaine de la poésie 2009 des Maisons de la Culture de la Ville de Montréal : 

  • Maison de la culture Plateau Mont-Royal le 20 mars
  • Maison de la culture NDG le 21 mars
  • Maison de la culture Marie-Uguay le 22 mars
  • Maison de la culture Frontenac le 25 mars
  • Maison de la culture Ahuntsic-Cartierville le 28 mars

Festival Les Transnumériques de Bruxelles (Belgique), les 4 et 5 décembre 2008.

_SOLYVÈNE TARGAMÉ

Solyvène Targamé est une lecture haletante au cours de laquelle l’auteur présente un personnage contradictoire, obsédé par une action vaine proche d’une lutte contre la pétrification urbaine. Chaque mot qui compose le discours de cet homme inapte à l’éloquence du triomphe se perçoit en tentative et non en affirmation. La tirade éclatée se déploie dans un leurre d’unité qui ne tient que par hésitations et répétitions, mêlant au commerce de tradition le commerce des corps. Progressivement, le flux du texte se resserre pour ne laisser du personnage qu’une parodie de héros, à peine légitimé par quelque passion amoureuse incertaine et supposée triangulaire. Par un procédé de voix superposées, l’auteur propose alors la réponse féminine à la vanité de cet homme, réponse déclinée sous trois formes affirmées : la prière, le chant, la danse.
Solyvène Targamé est une performance bouillonnante qui allie un texte rythmé où il est question de corps, de danse, d’insectes et plus fondamentalement d’un homme, d’une femme et de leurs relations, à une installation vidéo faisant la part belle à la mise en abyme de l’auteur et à une narration où l’humour et le jeu sont omniprésents.