STANDON par Pascal Leclercq ​

Standon suivi de Rattrapé est le récit d’avant le récit, ou le récit d’après le récit. Empruntant aux codes d’une certaine littérature de genre, le texte plonge le lecteur·trice dans une imagerie à la fois post-apocalyptique et préhistorique. Le poète cherche l’expérience fondamentale et fondatrice du passage de l’individuel à l’universel, du je au nous, à travers ce qu’il observe autour de lui, ce qu’il voit en lui, ce qu’il lit dans le ciel ou les entrailles des animaux. Prophétie, divination, simple constat, questionnement halluciné? Lui-même ne sait pas toujours de quoi il en ressort. Au bout du compte, le texte ne recèle peut-être que des images déformées et projetées sur des tessons de miroir. Un reflet de notre identité multiple et éclatée. 

Les questions soulevées par le poète ne s’adressent plus à un personnage de fiction situé dans le hors champ du texte, mais directement au lectorat, le plaçant devant l’odieux constat qu’il n’y a pas de réponse.

Et ces cordes qu’on noue entre les vivants, ça laisse quoi comme sève à l’intérieur du corps? Ça laisse quoi comme moelle à l’intérieur des mots? Ces liens qu’on tisse, ça apprend-il comment faire pour joindre les deux bouts? Quand mangera-t-on encore au bord de l’autoroute? Qui aspergera nos déchets de pétrole? Qui lancera l’allumette? Où trouvera-t-on la terre à jeter sur les os? Où trouvera-t-on la chaux? Où s’avachira-t-on quand les muscles ne répondront plus? Quand la chair aura traversé la peau? À quel alcool mélangerons-nous les somnifères? Où nous retrouverons-nous, quand nous n’y serons plus? 

  • Extrait de Standon 

Né à Liège en 1975, Pascal Leclercq est licencié en philosophie. Poète, il privilégie depuis quelques années la collaboration avec des artistes plasticiens (Jac Vitali, Un bâton et Paul Mahoux), des architectes (Nélis et Delincé, Pierre Hebbelinck) ou encore la styliste Céline Pinckers (Les Belles Absentes). Il a traduit de l’italien le poète Andrea Inglese (Colonne d’aveugles, Le Clou dans le fer) et le romancier Alessandro De Roma (Vie et mort de Ludovico Lauter, Gallimard). De nombreux séjours au Québec lui ont valu de rencontrer l’éditeur des Coups de tête, Michel Vézina, et de publier ses premiers polars. Il collabore régulièrement au magazine Flux-News, au journal C4 ainsi qu’à diverses revues littéraires. Il coordonne depuis quelques années la Nuit de la Poésie de la Foire du Livre de Bruxelles et anime avec Jean-Paul Bonjean les soirées littéraires de l’asbl D’Une certaine gaieté à Liège. Une part importante de son travail est dédiée à la scène.


Un tirage de 300 exemplaires 

Dépôt légal, 1er trimestre 2020

ISBN 978-2-9813108-9-7

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